« Pour la souveraineté du peuple, contre la souveraineté du capital »

Par Judith Bernard, comédienne, metteur en scène, Journaliste

J’ai marché pour la 6ème République. J’ai signé pour la 6ème République. Aujourd’hui j’écris pour elle.

Parce que la 5ème, comme les précédentes, n’a pas permis qu’advienne la démocratie qu’elle était pourtant censée organiser.

Notre Constitution actuelle ne nous a pas protégés de l’abus de pouvoir des dirigeants, lorsqu’en 2005 le « non » que le peuple avait opposé au projet de Traité Constitutionnel Européen a été méprisé, ignoré, balayé par le Traité de Lisbonne, celui-là nullement ratifié par le peuple.

Notre Constitution actuelle ne nous a jamais protégés contre les très puissants intérêts du capital, que les gouvernants se sentent manifestement tenus de servir, puisqu’ils n’ont pris aucune des mesures de régulation de la finance et de contrôle du système bancaire dont la crise des subprimes de 2008 a pourtant révélé l’impérieuse et urgente nécessité.

Notre Constitution actuelle ne nous a pas protégés contre la corruption des gouvernants, dont les innombrables « affaires » ont montré qu’ils se percevaient comme au dessus des lois et qu’ils utilisaient leur mandat comme une opportunité d’enrichissement personnel, au mépris de l’intérêt général.

Notre Constitution actuelle ne nous a pas protégés contre l’arbitraire d’une gouvernance monarchique, envoyant les forces militaires françaises faire des guerres discutables sans qu’elles soient jamais discutées au Parlement, censé représenter le peuple.

Notre Constitution actuelle a confisqué la République au service d’une oligarchie ploutocratique qui s’est montrée incapable d’œuvrer en faveur du bien commun, arbitrant toujours trop tard, et souvent fort mal, les choix de société qui s’imposent à nous à l’heure de l’urgence écologique.

Notre Constitution actuelle n’a pas permis qu’advienne la démocratie, parce qu’elle ne s’est pas donné pour projet d’organiser la souveraineté populaire.

J’écris pour la 6ème République, et pour qu’advienne enfin cette souveraineté populaire qui est le fondement de la démocratie. Il y faut une constitution se donnant réellement pour projet de protéger le peuple des abus de pouvoir de ses gouvernants, et organisant une démocratie authentique, c’est-à-dire des institutions conçues par le peuple, pour le peuple.

Le peuple, c’est tous ; ce n’est pas eux, les élus de l’époque, qui ont assez montré dans quel mépris ils tenaient la multitude et l’intérêt général. Et ce n’est pas non plus moi, toute seule, avec mes préférences et mes intérêts personnels. Aussi je n’ai pas à me prononcer davantage sur ce que devra être cette 6ème République que j’appelle de mes vœux.

Je n’ai d’idée que sur la manière dont cette Constituante doit être convoquée. Dans la mesure où ce n’est pas aux hommes de pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, j’estime que ce n’est pas à des élus d’écrire la prochaine Constitution. Ils seraient dans une évidente situation de conflit d’intérêt, dont il faut absolument se prémunir puisque c’est cette situation-même qui a engendré la suite de Constitutions qu’a connues la France, conçues les unes après les autres en faveur des élites gouvernantes plutôt qu’en faveur de la souveraineté populaire.

L’élection, dans son principe-même, favorise ce conflit d’intérêt : psychologiquement, elle met l’élu dans le sentiment de sa propre distinction, le convainc de sa supériorité dans l’arbitrage des décisions qui concernent la multitude, et le pousse à ménager les conditions de sa propre prospérité dans le système institutionnel qu’il organise. Economiquement, elle le rend dépendant des puissances du capital, car pour faire une campagne politique il faut de considérables moyens, et le soutien des mass medias, eux mêmes assujettis aux logiques capitalistes.

Face à l’élection par le vote il y a la possibilité de l’élection par le sort. Cette procédure fait peur car elle est méconnue dans son principe, dans ses vertus, dans ses réalisations efficientes ici et là, actuellement, ailleurs sur la planète. Elle fait peur aux élus surtout, ce qui se comprend volontiers puisqu’elle disqualifie les procédures par lesquelles ils ont été distingués.

Et pourtant, dans son principe, le tirage au sort est profondément démocratique : quiconque croit dans le suffrage universel admet que chaque citoyen dispose d’une voix, également légitime que tout autre. Le suffrage universel repose sur la reconnaissance de l’égalité des compétences : chaque citoyen, quels que soient son milieu, son opinion, sa formation, est fondé à délibérer et arbitrer les questions qui concernent le destin collectif.

En l’état actuel de la vie politique française – abstention massive lors des consultations électorales, biais de représentation médiatique organisant la prime au FN, comme puissance spectaculaire, ou aux partis conservateurs (PS et UMP), présentés comme le seul recours contre cette menace – il y a fort à parier que l’élection d’une assemblée constituante ne produirait pas des résultats beaucoup plus prometteurs pour la refondation d’une démocratie.

Le tirage au sort permettrait de contourner ces obstacles : il émanciperait la constituante des pressions du capital et de la représentation médiatique. Il produirait une assemblée statistiquement représentative de la société française, dans toute sa diversité. Celle-ci pourrait délibérer sans conflit d’intérêt, et n’aurait pas d’autre critère à étudier, dans ses arbitrages, que celui de l’intérêt général. Les jurys citoyens qui existent depuis plusieurs années, constitués sur la base du tirage au sort, ont partout fait la preuve de leur efficience ; de l’intelligence collective qu’ils permettaient et des arbitrages raisonnés, et raisonnables, qu’ils rendaient.

Le m6r, parce que c’est un mouvement, et non un parti, peut porter ce projet d’une Constituante tirée au sort, au moins en majorité sinon dans sa totalité. Le m6r n’a pas d’autre direction que celle que lui donnent ses signataires : il appartient aux démocrates de s’en emparer, pour en faire un mouvement démocratique dans sa forme et dans son projet. Il est une occasion historique de faire advenir cette souveraineté populaire à laquelle la multitude aspire, et à laquelle il est évident qu’elle est désormais prête.

 

Je demande l’élection d’une assemblée constituante qui fonde avec les citoyens la 6e République. Une République débarrassée de la monarchie présidentielle et fondant les nouveaux droits personnels, écologiques et sociaux dont notre pays a besoin.

Je recevrai par mail les informations sur le Mouvement pour la 6e République.

[emailpetition id= »1″]

61 responses to “« Pour la souveraineté du peuple, contre la souveraineté du capital »

  1. Probablement l’un des meilleurs appels au M6R puisqu’il met le doigt sur la qualité du processus constituant. Nous sommes beaucoup à être vigilant au sujet des acteurs qui écriront ce texte suprême en Droit. Comment garantir une Constitution détachée des conflits d’intérêts ? Comment garantir une Constitution servant les intérêts populaires ?
    Merci Judith Bernard pour ce texte.

  2. Une constituante pour la 6e république oui ! Milles fois oui, mais avec des membres tirés au sort parmi la population. Pas de professionnels de la politique, pas de cumulards, pas de conflits d’intérêts.

    Merci Judith pour ce message.

  3. Merci Judith, vous m’avez convaincu de signer cet appel car le mot « élection » d’une constituante comportait deux sens, dont l’un, le tirage au sort, est méconnu.

    Hors, il constitue le seul moyen d’avoir la certitude presque absolue que ceux qui écriront la Constitution ne seront pas issus professionnels de la politique.

  4. Bonjour,

    Pour ma part je me refuse à signer un appel à l’élection ou même un tirage au sort d’une assemblée constituante pour plusieurs raisons :

    La première d’entre-elles étant que je considère que nous avons moyen de légiférer par le bas, c’est à dire rédiger une constitution sous forme de démocratie directe et non représentative.

    La procédure en serait très simple :

    Dans chaque ville et village, est instituée une Assemblée Municipale subdivisée en comités de quartier d’environ 100 personnes. Peuvent siéger dans ces comités de quartier tout citoyen en âge de voter et de nationalité Française.

    Les communes réservent une à plusieurs salles municipales à cet effet chaque jour de la semaine, de telle façon à ce que chaque comité de quartier puisse se réunir sur un même ordre des débats de la semaine avec une rotation. Par exemple, une même salle peut servir pour un comité de quartier A le lundi soir, B le mardi soir, C le mercredi soir, etc.

    Un site internet dédié permet d’échanger rapidement au niveau national pour les citoyens engagés dans la constituante. Chaque titre et chaque article du texte sont débattus un à un et les propositions similaires sont soumises à fusion en de mêmes articles qui se devront d’être clairs, précis, et non soumis à interprétation vague. Par exemple, si dans le titre 1 sur la Souveraineté Nationale, un article doit rappeler que le peuple est le seul Souverain, l’article rédigé devra démontrer le caractère inaliénable et indivisible de cette Souveraineté et prévoir qu’une loi dans le droit pénal sanctionne la violation de cette Souveraineté par nos représentants.

    Plusieurs modèles de constitutions pourront donc être rédigés concomitamment en fonction des idéaux de chacun sur les institutions choisies, mais aussi le régime politique (par exemple, je ne suis pas Républicain et je ne prône donc pas une Sixième République à ce titre).

    Toutes les constitutions rédigées directement par les citoyens (sans représentants donc) seront soumises à référendum. Entre temps, des débats médiatiques sérieux avec une véritable pluralité de points de vue auront été organisés chaque soir sur les chaînes publiques.

    La seconde raison qui fait que je ne voterais pas pour l’élection d’une assemblée constituante, est que je considère que c’est mettre la charrue avant les boeufs que s’engager sur un tel processus.

    Nous devons d’abord sortir de l’U.E, l’euro et l’OTAN pour déjà recouvrer notre pleine Souveraineté, assainir les questions institutionnelles, économiques et sociales pour permettre un débat apaisé dans un pays qui aura recouvré son indépendance. En outre, nous n’avons pas à imaginer une Constitution qui puisse être européo-conforme. Nous devons être totalement libre.

    Or, cette liberté, nous ne la gagnerons jamais par une élection. Cela fait 200 ans qu’on se fait avoir avec cette farce qui vise à diviser les Français sur la base des partis et personnalités politiques pour mieux placer au pouvoir les puissances d’argent. Qui dispose de gros capitaux et d’une exposition médiatique forte, aussi traitre qu’il soit, remportera les élections.

    Je prône plutôt l’organisation d’une insurrection intelligente avec pour aboutissement la nomination d’un Conseil National de Transition se revendiquant du Commandement de l’autorité légitime (Art. 122-4 du Code Pénal) qui de la même façon que le C.N.R devra obtenir l’appui de notre Armée pour assurer son autorité. Ce Conseil disposera d’un mandat impératif de deux ans maximum pour nous sortir de l’usine à gaz européîste, de l’euro et de l’OTAN, organiser la Constituante, renationaliser ou nationaliser tout ce qui est stratégique et mettre en route la reconquête industrielle. Ce seront des expert du civil ou du politique que nous nommerons grâce à un site internet.

    Quant aux méthodes insurrectionnelles fondées sur un peu de logique comptable pour réussir, je vous engage à les découvrir ici :

    http://sylvain-baron.blogspot.fr/2014/05/il-est-desormais-temps-de-prendre-le.html

    1. Sylvain, je comprends tes craintes, je pense que nous avons les mêmes préoccupations.
      Seulement pour l’instant, rien n’empêche au sein du M6R de promouvoir l’idée de former des assemblées constituantes multiples sur tout le territoire et par un processus à définir collectivement de transmettre à une assemblée populaire (et sous contrôle populaire) les fruits de ces réflexions.

      Concernant la souveraineté disons nationale, je suis d’accord qu’il faille sortir de ces trois prisons que tu évoques (euro/UE/OTAN). Pour autant, il me semble que nous pouvons nous rassembler au M6R pour permettre la mise en place d’outils permettant de provoquer des débats publics sur ces questions, grâce au Référendum d’Initiative Citoyenne notamment.
      Ainsi on pourra demander directement la sortie de l’euro, de l’UE et/ou de l’OTAN via ces outils.

      1. .Je comprends très bien que que bon nombre de nos citoyens qui votent depuis plus de 30 ans votent blanc ou ne se déplacent pas pour les 2ème tour des présidentielles.. Je suis de ceux là, écœurés par cette mascarade, et on en voit le résultat. Néanmoins, nous devons commencer par une « Constituante, rédigée par le peuple pour les peuple » comme cela s’est produit il y a 200 ans à Vizille dans l’Isère. Et cette constituante est montée à Paris pour remettre la France debout et obliger les énarques (des gens de la haute société) à démissionner, et créer ensuite la RÉPUBLIQUE FRANÇAISE UNIQUE ET INDIVISIBLE ! Moi, j’y crois, et je sais que le peuple n’est pas ces sans dents dont on nous affuble, les illettrés ! Nous savons nous aussi écrire, lire et transmettre nos idées à l’ensemble du peuple. (certes, il faut revoir Euro, l’OTAN, Europe). Et c’est pour cela qu’avec la proposition d’un référendum d’initiative Citoyenne, nous aurons les outils pour demander au peuple s’il veut sortir de l’Europe, de l’Euro, et surtout de l’OTAN).

  5. Judith Bernard introduit dans ce débat pour une réécriture de la constitution devenue indispensable, la notion du PROCESSUS constituant, une notion qui a trop longtemps été laissée au second plan, comme un simple problème technique, alors qu’il est DÉCISIF et DÉTERMINANT quant à la qualité du texte qui sera rédigé.

    Pour que nous ayons une constitution démocratique véritablement digne de ce nom, il est INDISPENSABLE d’en passer par un tirage au sort de l’Assemblée constituante, pour une raison que nous n’avons plus le droit de négliger : l’évident conflit d’intérêt dans lequel des constituants élus se trouveraient. Ce n’est pas aux gens de pouvoir d’écrire les règle du pouvoir !

    Une constitution démocratique (pouvoir DU PEUPLE) ne peut être rédigée QUE par des constituant issus directement du peuple, dans un processus égalitaire, que seul permet le tirage au sort (qui consacre de facto l’idée que nous sommes tous et toutes égaux et ayant les mêmes compétences pour délibérer).

    Une constituante élue, ce serait tout changer pour que rien ne change. Nous voulons une constituante tirée au sort !

  6. Tout à fait d’accord avec la possibilité d’utiliser le tirage au sort pour sélectionner les membres de l’assemblée constituante.

    Il faudrait modifier la phrase d’appel à signature, soit en faisant apparaître « tirage au sort » à côté d’élection, soit en retirant élection et en remplaçant ce mot pas un terme plus global ouvrant la voie à toutes les manières de sélection.

  7. Il ne s’agit pas d’être pour le tirage au sort par principe, il s’agit de redonner le pouvoir au peuple. Non pas uniquement le pouvoir de la parole, mais bien le pouvoir d’agir sur lui-même et de s’autodéterminer quant au orientations futures. En cherchant dans ce sens là, effectivement, il n’y a guère que le tirage au sort qui laisse entrevoir une réelle possibilité réappropriation du politique par tous, ou du moins ceux ayant la volonté de s’impliquer dans notre devenir commun. Voter soi-même ses lois, déprofessionnaliser la politique et appliquer des règles et contrôles stricts sur les indispensables représentants, entraînerait une responsabilisation massive de la population et une prise de conscience d’elle même en tant qu’entité pouvant décider et agir, et plus seulement en tant qu’amas atomisé d’individualités égocentrées. Il y aurait peut être au début de mauvaises décisions de prises (au regard de l’interet general), mais surement moins que celles faites parfois à dessein par nos « élites », et surtout, nous pourrions apprendre à devenir responsables collectivement, ce qui serait un grand progrès pour l’humain. Ne plus compter sur une avant-garde supposée bienveillante. Ne plus être l’enfant qui suit, obéit, ou râle parce que l’adulte ne fait pas ce qu’il veut, mais devenir l’adulte qui pense, réfléchit, agit et assume.

  8. Dans ce débat tirage au sort/élection je pense qu’il faut d’abord dire comment on va désigner les membres de l’Assemblée Constituante. Ce débat devra bien sûr être relancé quand on procédera à la rédaction des articles sur « le corps législatif ».
    Sur la désignation des membres de l’Assemblée Constituante je fais une proposition (proposition 2) sur mon blog Mediapart (cliquer sur mon nom ci-dessus) qui me semble profondément démocratique. C’est aux Assemblées primaires regroupant environ 1000 citoyens de déterminer comment elles, ils désigneront leurs représentants. Ma proposition, pour le moment ni légale ni illégale, ne peut être qu’expérimentale. Mais si suffisamment nombreuses se réunissent une multitude d’AP le 1er mai 2015 alors on peut bousculer l’Histoire. La clef en est la constitution partout dans le pays de cercles citoyens. Nous l’avons déjà fait en 2005 avec les collectifs pour le NON. Alors que là il s’agit de dire « Oui Tous Ensemble Nous pouvons Construire les Jours Heureux du 21e siècle ».

    1. .Il s’agit précisément, dans ce débat entre tirage au sort et élection, comment l’on va désigner les membres de l’assemblée constituante.

      Nous défendons avec force conviction que l’assemblée constituante DOIT être tirée au sort et pas élue, pour une raison qui nous apparait essentielle : ce n’est pas aux gens de pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.

      Des élus – c’est-à-dire des personnes menées au pouvoir par des partis politiques (qui aspirent au pouvoir) – sont, dans le cadre du rôle de député d’une assemblée constituante, en conflit d’intérêt MAJEUR, car leur rôle est d’écrire des règles pour… les gens de pouvoir.

      C’est un motif logique, simple à comprendre, et rigoureusement imparable : nous avons deux cent ans d’expérience qui montrent que, partout dans le monde, les constitutions rédigées par des professionnels de la politique ont écrit la puissance des mandataires et l’impuissance des peuples.

      Il est temps que cela cesse, et pour cela, il faut que les députés de l’assemblée constituante soient des gens du peuple, et la procédure démocratique la plus appropriée est le tirage au sort.

      1. .Morpheus, votre commentaire 8.1 censé répondre à mon commentaire 8. n’y répond absolument pas mais redit comme une litanie :

        Il est temps que cela cesse, et pour cela, il faut que les députés de l’assemblée constituante soient des gens du peuple, et la procédure démocratique la plus appropriée est le tirage au sort.

        . Puisque je vous réponds je reprends les 3 articulés de cette phrase : »Il est temps que cela cesse » je suis d’accord. « Et pour cela il faut que les députés de l’assemblée constituante soient des gens du peuple » je suis encore plus d’accord. Mais là où c’est une affirmation sans aucune démonstration c’est lorsque vous dites : « et la procédure démocratique la plus appropriée est le tirage au sort ». J’ai la faiblesse de penser que ma proposition 2, que j’ai encore enrichie dans un nouvel article sur mediapart, d’assemblées primaires au niveau d’environ 1000 citoyens permet de répondre véritablement aux 2 premiers articulés. Les partisans du TAS ne nous disent pas parmi quelle population sont tirés au sort les constituants, tout le pays ? dans chaque département ? dans chaque ville ? dans chaque quartier ? et sont responsables devant qui ? Comment rendent-ils compte de l’exercice de leur travail, à la fin de celui-ci enfermés d’ici là dans une tour d’ivoire ? au cours de celui-ci mais auprès de quelle population. Certains parlent d’utiliser Internet? mais tout le monde n’a pas Internet particulièrement tous les gens ordinaires du peuple précisemment. Or ma proposition répond précisemment à tout cela. Lisez la attentivement et revenez pour la critiquer et y opposer point par point, mais avec arguments, le TAS avec des modalités précises.

      2. .Gérard je pense qu’il faille d’abord faire un travail d’acceptation du TAS comme véritable solution avant de discuter de ses modalités. Sur les points que vous suggérez les avis divergent et devront le moment venu faire l’objet d’un débat public afin d’aboutir à un accord sur un petit nombre de propositions puis à un vote. Mais dans un premier temps ne pouvons nous pas nous contenter de penser le TAS en fonctions de ses qualités intrinsèques plutôt qu’en fonction des difficultés (absolument secondaires !) possibles à le mettre en place. J’ajouterais que le TAS n’est pas pensé pour remplacer totalement l’élection dans toutes les institutions – cela reste à débattre – mais surtout pour l’assemblée constituante. D’autres part les tirages au sort engendreront forcement la méfiance, comprenez donc bien que les contrôles des tirés au sort seront bien plus importants et bien plus efficaces que ceux des élus (quasi inexistants). Pensez aussi que la constitution, si elle est écrite par des tirés au sorts, devra forcement être approuvée par référendum. Les modalités viendront dans un second temps, une fois que la majorité aura compris que c’est le mieux à faire.

  9. Bonjour à vous tous! Quelle belle énergie matinale! J’adore !

    Je me permets ici de ressortir un texte que j’ai écrit à [nom supprimé en conformité avec la charte] en réponse au débat  » Assemblée Constituante : Tirée au sort ou Élue  » , qui me servira de support pour les modifications que j’y ai apportées.
    Au début, je me sers de son prénom, à la fois pour l’interpeller ici et aussi pour m’en servir comme interlocuteur. Cette démarche à son intérêt pour la compréhension du débat et il ne m’en voudra pas je pense. [nom supprimé en conformité avec la charte] a censuré la totalité de mes interventions sur son blog. C’est de bonne guerre.

    « [nom supprimé en conformité avec la charte], tu ne peux pas t’occuper de ce merveilleux projet. Cela, doit-être j’imagine pour toi une grande déception et je te comprends parce que je fais partie de ceux qui pensent qu’il n’y existe pas de plus beau projet que de faire société ( et c’est bien ça l’écriture constituante! ) Et de devenir acteur de cette belle aventure doit être vraiment passionnant !!

    MAIS, parce que précisément, tu es un homme de parti, un professionnel de la politique, tu ne vas pas pouvoir écrire certaines règles, certains outils démocratiques de première nécessité dont le peuple, nous, aurions besoin.

    Un besoin émancipateur, un besoin créatif, un besoin vital .

    Néanmoins, cela n’est pas de ta faute, et je m’explique:

    Je mentionnais des outils … Et oui ! Par exemple : les référendums d’initiative populaire révocatoire, abrogatoire, législatif et ( le plus important ) constituant.

    Enfaite, la possibilité au peuple de soumettre ces dirigeants, à sont contrôle quotidien. La possibilité au peuple d’imposer une redditions des comptes, la possibilité de les révoquer si ils le trahissent, la possibilité au peuple d’imposer et de s’imposer.

    Parce que l’homme est l’homme, et toi aussi [nom supprimé en conformité avec la charte] tu en es un un. Pas plus mauvais qu’un autre, mais pas meilleur non plus. Faible devant le pouvoir, comme nous tous. Enclin à poursuivre ses propres intérêts, plutôt qu’à travailler pour celui des autres lorsque surviennent des conflits d’intérêts.
    Et un Élu écrivant la Constitution devrait être le cas d’école du conflit d’intérêt. Comme celui des juges qui renoncent, eux à juger un proche, l’Élu doit lui renoncer à écrire la Constitution.

    Enfaite c’est bien cela la réflexion constituante, c’est s’entraîner et s’éduquer à repérer, à se méfier et enfin à annuler les situations de conflits d’intérêts.
    Un élu ( ou futur élu ) ne peut pas faire ce boulot !! De faite de sa position d’élu il est précisément en plein dedans ! En plein conflit d’intérêt ! Mais ce n’est pas de sa faute ! Son boulot c’est d’être élu, ce n’est pas être constituant … ( ça c’est pour les autres! Le peuple.)

    De façon NATUREL, cet élu va se projeter dans les institutions qu’il est en train d’imaginer, ( lors de la constituante ) et ne va pas écrire les outils qui permettraient au peuple, de façon vitale, de le contrôler et peut-être de le contrarier.

    Si bonne soit sa vue du bien commun, l’élu veut s’occuper, lui, du bien commun. Si vertueux soit son projet de société, l’élu veut mener, lui, son projet de société. Le peuple devient alors un gêne pour l’élu, et surtout, pour l’élu-constituant …

    Parce que la démocratie, dans un gouvernement représentatif, n’est rien d’autre que la possibilité au peuple de contrôler ces dirigeants. ( Alain ) De manière à ce que les dirigeants restent bien des serviteurs et ne deviennent pas des maîtres, mécaniquement encore. ( Tu remarqueras ce phénomène se produire en tout temps et tout lieux … )

    Voilà une bonne manière d’influer de la Démokratie, dans un régime qui n’en est pas une.

    Les règles du pouvoir ne peuvent être écrites par ceux-là même qui l’exerce, et donc ceux-là même qui devrait les craindre.

    Une Constitution, en définitive, n’est pas seulement un texte qui organise les pouvoirs, une Constitution est aussi ( et surtout ) un texte qui limite les pouvoirs pour protéger le corps social des potentiels abus des occupants au pouvoir. Des potentiels abus des ÉLUS …
    En fait des Éternels abus des ÉLUS, parce que cela ne loupe jamais … ( mais n’en parlons pas, c’est une perte de temps, ici, de s’étonner et de discuter du vices de nos représentants. Parce que encore fois, si ils ont du vices, ce n’est pas de leur faute, c’est cette carence en contrôle populaire qui les amènent à poursuivre leurs intérêts personnels )

    Dans un gouvernement représentatif ( du peuple ) , la Constitution est un pacte que signent les représentants pour pouvoir s’occuper des affaires communes. Si le pacte est écrit par les futurs dirigeants ( les élus ) se redéploiera mécaniquement, avec le temps, cette perpétuelle domination de l’homme par l’homme qui écrit notre histoire.
    Comme ce qui s’est passé en Tunisie après la révolution, un effort populaire d’une rare intensité… Et bien, l’Assemblée Constituante a été ÉLUE, les ÉLUS se sont réunis à huit-clos, ils se sont voté des privilèges, ils ont reçu les banquiers en privé … on connaît la suite !

    Il s’agit là d’un piège politique dont nous pouvons sortir si la main qui écrit ces fameuses règles supérieurs est indépendante de toute projection de pouvoir.

    Le Mécanisme pour arrivée à ce désintéressement vital :

    Le Tirage au Sort de l’Assemblée Constituante.

    Sinon pour parler d’ Etienne Chouard ! Il me semble que, de ne pas donner un peu de son temps à ce bonhomme, c’est passer à côté d’une des plus belles sincérités et bienveillances intellectuelles du moment ! Et ça bosse dure! Mais dure … Un boulot monstrueux dans la recherche du bien commun ce mec. Un concentré d’amour pour l’Homme, qui considère les humains  » tel qu’ils sont et non comment il voudrait qu’ils fussent  » ( à communiquer à Frédéric Lordon ) et qui continue de les aimer de tout son coeur, malgré tout !
    ( J’espère que ça va durer, parce que si il baisse les bras, cela serait une lourde perte pour le monde entier. )

    Donc, il est temps de s’intéresser à son boulot, à notre boulot! Il est temps de coopérer, de se complémenter, de se serrer les coudes. D’aller voir les ateliers constituants, prouvant par la pratique, qu’une Assemblée Constituante Populaire, ET DONC, Tirée au sort, et ben on jamais vu quelque chose d’aussi prometteur pour l’humanité !!

    Cela peut paraître prétentieux-juvénile de dire un truc pareil ( vue mon âge ) , mais je crois qu’il est important de mesurer que pourrait très bien se jouer là, au coeur de ce débat  » l’ Assemblée Constituante : Tirée au sort ou bien Elue  » le sort de l’humanité.

    L’antidote contre la domination de l’homme par l’homme une Assemblé Constituant Tirée au Sort !!

    Et non ce n’est pas une fatalité de se faire maltraiter par des chefs incontrôlables et drogués au pouvoir, ce n’est pas le propre de la condition de l’homme ! On vaut bien mieux que ça les gars !!

    La Constituante tirée au sort, c’est la plus grande opportunité créative dans l’histoire des hommes.

    Peut-être que tous ça n’est qu’une vue d’esprit ! Mais il me plaît de croire que non !!

    Je termine ici par quelques citations :

     » La désobéissance civile n’est pas notre problème. Notre problème est l’obéissance civil. Les gens obéissent aux diktats de leurs dirigeants ( … ) et ils oublient la faim, la guerre et la cruauté. Et pendant que l’on obéit nos prisons sont pleines de petits voleurs, alors que les vrais bandits sont à la tête du pays  » Howard Zinn

     » C’est un expérience éternelle que tout Homme qui a du pouvoir est porté à en abuser  » Montesquieu

     » Le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres, et de se gouverner seulement lui-même. Cela décide tout. Autant dire que les pires gouverneront  » Alain

     » Les plus capables de pressentir les abus étaient précisément ceux qui comptaient d’en profiter  » Rousseau

    Oui mais en bossant un peu, en s’entraînant, tout le monde peut y arriver … Et surtout une Constituante Tirée au Sort !!

    Avec tout mon Amour, à vous tous,

    Timothée.

    1. à Timothée et d’ailleurs à tous les partisans du TAS pour la Constituante, on s’entend bien, QUI va décider de la faire tirer au sort? Alors que ma proposition règle ce problème. Ce sont les citoyens eux-mêmes qui décident de se rassembler (le droit de rassemblement est constitutionnel) et qui décident de comment ils éliront leurs représentants. Quoi de plus démocratique ? J’aimerai bien que les partisans du TAS ainsi que ceux de l’élection me disent, avec arguments, ce qu’ils pensent de cela ?

  10. Excellent et essentiel le TAS de la constituante car ce n’est pas à des élus d’écrire les règles qui sont censées contraindre des élus. C’est un conflit d’intérêt majeur d’où découle notre impuissance politique depuis 200ans. Les constituants doivent être TAS, contrôlés et révocables pour un mandat unique puis le projet de constitution doit passer par voix de référendum afin d’être approuvé par le plus grand nombre. De cette manière nous deviendrons maitre de nos destins..

  11. Les Structures de la 5éme République ont fini par tuer la démocratie .
    La souveraineté du peuple ; c’est la définition même de la Démocratie .
    Ce sont donc les Structures , qui ont permis d’organiser cette dépossession de la souveraineté .
    Il faut donc repenser les structures..

  12. Oui à une assemblée constituante tirée au sort !

    Merci Judith pour ce superbe texte !.

  13. .Même si je privilégie le tirage au sort, quelque soit le mode d’élection, du moment que l’assemblée constituante respecte le choix du peuple (référendums) ça me va 😉 Quand je dis ça, on me balance qu’il serait compliqué de faire un référendum pour chaque décision à prendre. Et je réponds, au contraire, qu’il serait tout à fait facile de mettre ça en place. Aujourd’hui, à l’heure du tout numérique (et notamment les smartphones et tablettes avec leurs applis), il est possible de créer une application web avec un identifiant unique pour chaque citoyen – comme pour les impôts – dans laquelle on pourrait avoir des catégories (Politique intérieure, extérieure, famille, commerce, éducation, santé…). Ainsi chaque citoyen pourrait se prononcer sur les sujets qui le concernent et être averti dès qu’un référendum est mis en place. Ça me paraît tellement évident….

  14. .Election, démocratie directe, tirage au sort, les trois sont indispensables et devront être articulés dans la future constitution. Par exemple, au lieu de voter pour des personnes, on voterait pour des textes d’orientation. Puis, une fois connue l’orientation majoritaire, on tirerait les représentants au sort parmi ceux qui ont voté pour elle. La probabilité d’être tiré au sort étant infime, ils n’avaient aucun intérêt à voter pour cette orientation s’ils n’y croyaient pas réellement. Une minorité de représentants serait également tirée au sort parmi les électeurs des orientations minoritaires, à la proportionnelle..

  15. .J’approuve ce texte qui certainement fait avancer notre réflexion. J’approuve aussi certains commentaires sur la composition d´une éventuelle assemblée constituante ou sur des mécanismes de démocratie directe. Mais tout cela exige une formation des citoyens. Exige qu´ils apprennent à lire la réalité, à lire de fait un journal, à « écouter » la TV (pas ce qu´ils disent, mais ce qu´ils veulent dire). Sinon, les « tirés au sort » vont voter, bien gentiment, comme le leur diront ceux qui détiennent le pouvoir de dire (média en particulier). Que fait-on de concret à l´école dans ce sens? Nous savons combien les « bonnes » lois (même dans la 5ème il y en a!) sont bafouées et bafouables (cf. référendum de 2005 et maintenant le GMT). Ce n’est pas la France toute seule qui va pouvoir lutter contre la « capitalocratie » qui domine le monde entier et malheureusement, il n’est pas suffisant que « chacun (chaque pays) fasse sa part » ou « balaye devant sa porte ».

    Que se passe-t-il du côte du « peuples de tous les pays unissons nous! »? (Ou même, « peuples de toute l´Europe »)?

    Sixième République, oui, mais quels mouvements à niveau européen? A niveau mondial ? Pardonnez mon ignorance éventuelle. Nous avons eu plein d´espoir avec les indignés et les printemps qui ont fleuri partout. Mais hélas…

    La cinquième république est une création monarchique? Tout à fait d´accord! Mais la monarchie sous toutes ses formes s´efforce sans cesse de renaître sous couvert de « modernité ». Au Brésil où je vis, après la merveilleuse explosion de démocratie qui a suivi 20 ans de dictature militaire, qui a engendré une constitution et des lois (toujours valables) vraiment progressistes (parfois plus qu´en France), nous assistons au retour d’une monarchie de fait avec non seulement des politiciens professionnels, mais des dynasties de politiciens professionnels (de père en fils et en petit-fils). Le tout appuyé sur des médias très compétents et très séduisants, surtout la TV. Ils sont ce qu´on appelle ici le « 4ème pouvoir », celui auquel tous les autres (justice, parlement, exécutif) se soumettent car il a les instruments les plus modernes (communication, séduction) et représente les intérêts de qui a, de fait, le pouvoir (le « marché ». Beaucoup pensent qu’aujourd’hui une dictature militaire ne serait pas « nécessaire ».

    Comme ceux qui défendent la démocratie directe, tout a fait possible aujourd’hui avec internet, je pense qu’on ne doit pas se battre (seulement) avec les instruments de démocratie créés au 18ème siècle, pour une autre réalité. En d’autres mots, la sixième république serait un pas, mais il faut avoir conscience que ce n’est pas le bout du chemin, loin de là. Et il faut préparer ce chemin, essayer au moins de l’imaginer de la façon la plus concrète possible.

  16. .Très beau Texte de Judith!

    Je suis entièrement d’accord. Oui au tirage au sort de l’assemblée constituante (ou DES assemblées constituantes). La constitution est un contrat passé uniquement entre gouvernÉS et gouvernÉS!
    Qui dit élection dit campagne électorale, qui dit campagne électorale dit partis politiques, qui dit parti politique dit professionnels de la politique, qui dit professionnels de la politique dans le processus constituant dit conflit d’intérêt.
    Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir. La première choses qu’ils font c’est d’instituer leur indépendance vis-à-vis des gouvernés et leur impunité. A chaque fois! Et c’est tout à fait normal! Mais y’en a marre!

    Maintenant on a compris 🙂

    1. .Oui mais qui dit tirage au sort, dit quidam quelconque (par définition), qui dit quidam quelconque dit compétence a priori et capacité de réflexion, certes, mais personne pas forcément au fait de quoi que ce soit, pouvant se former, certes, mais ipso facto influençable par les personnes qui sont déjà formées, les médias, tous plus ou moins bien intentionnés, dit à peu près tout ce que vous venez de dire, donc je ne vois pas très bien en quoi le seul fait de tirer au sort des gens règle quoi que ce soit au problème.
      Vous postulez 1. que toute personne tirée au sort sera volontaire, bien intentionnée vis-à-vis de la République, indépendante d’esprit, et suffisamment formée pour formuler un avis éclairé (et vu l’état des médias actuellement, il est permis d’en douter)
      2. que toute organisation politique suppose nécessairement conflit d’intérêt, incompétence politique, spoliation du pouvoir à son propre profit.
      Les deux ne me semblent pas justifiés, ou en tout cas à nuancer, ce qui fait que la constituante ne requiert pas a priori un tirage au sort.

      Vous mettez d’ailleurs cette expression au pluriel, qu’entendez-vous par là ? il y aurait plusieurs constitutions? ou plusieurs Républiques?

      1. .Certes, le tiré au sort est un quidam quelconque. Comme l’électeur, d’ailleurs – et je m’étonne qu’on ne dénonce pas pareillement, lorsqu’on se contente d’en faire un électeur, son « influençabilité », son absence d’indépendance d’esprit, son avis faiblement éclairé. Les défaillances que vous attribuez au tiré au sort sont les mêmes que celles de l’électeur (et pourtant, nul ne remet en cause le suffrage universel : on ne discute jamais de la pertinence de la sanction par les urnes).
        Le tiré au sort a pourtant de bien meilleures conditions pour accéder à un jugement éclairé et à une responsabilité civique : on lui donne le temps (et le dédommagement matériel) correspondant à cet effort, on lui donne une responsabilité que le peuple contrôle pendant et après (c’est une pression stimulante), on lui donne les outils nécessaires à la compréhension de la situation (consultations d’experts d’opinions diverses). Il dispose en outre de la délibération collective au sein de l’assemblée constituante, situation puissamment productrice de jugements raisonnés et raisonnables.
        Par ailleurs je ne présuppose pas que toute organisation politique suppose conflit d’intérêt – loin de là ! J’affirme précisément qu’un élu n’est pas en situation d’arbitrer de manière désintéressée des conditions d’exercice du pouvoir puisque sa propre carrière est engagée par les règles qu’il doit établir. Je considère en outre qu’un élu est rarement parvenu à cette position (d’être élu, c’est-à-dire d’avoir remporté une élection) sans avoir reçu l’appui des structures capitalistes (les médias et les financeurs de sa campagne) ; il y a donc de forts risques qu’il soit soucieux de préserver la classe d’intérêt qui lui a permis d’obtenir sa position de pouvoir. C’est en quoi il n’est pas bien placé pour édifier les règles protectrices de l’intérêt général.

      2. Chère Judith,
        En fait j’essayais de répondre au commentaire précédent, plus qu’au texte initial, j’aurais dû le préciser plus explicitement pour éviter un certain malentendu. Mais peu importe, puisque tu prends la peine de me répondre, poursuivons la discussion.

        Nous serons d’accord, je crois, pour dire que le tiré au sort et l’électeur ont les mêmes qualités et défaut; forcément, ce sont les mêmes personnes! Ils (c’est à dire tout le monde !) ne sont pas intrinsèquement et dans leur totalité influençables, faiblement avisés, mais peuvent l’être, ou, heureusement, ne l’être pas.

        Effectivement, le tiré au sort a des meilleurs conditions pour s’informer, et forger un avis éclairé qui de toute façon ne tombe par du ciel. De même que le constituant élu. En revanche, l’électeur, est effectivement livré à lui-même pour se décider, sur la base d’une profession de foi éventuellement. Dans le cadre du tirage au sort, ce n’est pas que la personne qui décide soit livrée à elle-même, c’est qu’il n’y a pas de décision. Cela des avantages : on évite d’être influencé dans son choix par de mauvaises raisons par exemple. Ou les personnes les plus influentes n’ont pas plus de chance d’être tirées au sort que les autres, ce qui évite normalement de reconduire une oligarchie en place, à moins de n’avoir vraiment pas de chance.
        Il me semble que cette façon de faire, pour avantageuse qu’elle soit, a des inconvénients qu’il faut également peser soigneusement.
        Le tirage au sort exclut donc par principe la décision politique dans le choix des représentants, puisqu’on s’en remet au hasard. Cette option suppose de parier 1. sur l’intelligence collective (l’assemblée ainsi désignée sera à même par sa délibération de prendre les décisions qu’elle estime les meilleures) ; ce pari est le même dans le cadre d’une assemblée élue. 2. sur la compétence a priori des citoyens, gageant que même si certains sont peu ou mal informés, leur passage par l’école de la République leur permet de faire des jugements éclairés si on leur en donne les moyens; ce pari est le même dans le cadre d’une assemblée élue, sauf qu’il est plus vaste, parce qu’il inclut l’ensemble des électeurs, et pas seulement ceux qui sont tirés au sort.
        L’option de l’assemblée élue parie donc sur une plus grande compétence politique populaire que l’option du tirage au sort. Certes, c’est très ambitieux de prendre cette option, considérant la réalité des élections à l’heure actuelle, la saignée sauvage dans les moyens (notamment humains) de l’éducation nationale, et la réalité de l’information médiatique dominante. Pour autant, le principe sur lequel s’appuient les deux options est le même, sauf que dans le cadre du tirage au sort, on suppose que la compétence politique est acquise du fait des moyens alloués au constituant tiré au sort, alors que dans le cadre de l’assemblée élue, on suppose que tous les électeurs disposent d’ores et déjà cette compétence.
        Je suis entièrement d’accord avec ton dernier paragraphe, et c’est un avertissement qu’il faut prendre au sérieux. Cependant le tirage au sort ne me semble pas être la seule et unique solution à ce problème réel. On peut par exemple décider que ne pourront être élues dans la constituante que les personnes qui n’ont jamais été élues auparavant, et qui ne pourront pas être élues par la suite dans les institutions qu’ils auront décidées. Ce qui exclut par principe de confier aux gens de pouvoir et à l’oligarchie en place le soin de décider de qui aura le pouvoir, et, vraisemblablement, les petits malins qui voudraient par cette occasion se tailler des institutions sur mesure. Cette solution ne règle pas tout, évidemment. Mais si on obtient un résultat similaire à celui de la Convention de 1792, je suis prête à prendre le risque.

        Voilà quelques raisons qui me conduisent à penser que la solution d’une assemblée élue, avec conditions restreintes d’éligibilité, est meilleure : elle suppose une plus grande capacité politique du peuple (donc paradoxalement, serait plus démocratique), et elle maintient le principe de désignation politique (on choisit un candidat, normalement, sur son programme, ou sa profession de foi, sur les idées qu’il défend et compte défendre), et donne la responsabilité politique de la constitution à l’ensemble du peuple, non aux seuls « élus » du sort.

      3. .Chère Jeanne,
        Bien sûr, les gardes-fous que tu proposes pour l’élection (des personnes jamais élues avant, et inéligibles ensuite) remettent un peu de vertu dans la procédure électorale. J’ai pourtant du mal à m’en satisfaire : concrètement, ce qui se passerait, c’est que les partis politiques présenteraient à cette « élection unique » tous les seconds couteaux de leur structure. Ceux qui ont échoué à se faire élire, et qui se sacrifient en participant à une assemblée qui les fait devenir inéligibles à jamais. Ces seconds couteaux, formés par leurs partis, portés par leurs partis, conditionnés intellectuellement par la culture de parti, élaboreraient une Constitution conforme à l’imaginaire partidaire – ils auraient du mal, par exemple, à limiter les prérogatives des élus auxquels ils s’identifient par construction. Ils ne délibèreront pas en tant que citoyen mais en tant qu’élu – ça fait une grosse différence. Et ton option me paraît trop peu prendre en compte le discrédit jeté désormais sur les partis et l’élection, discrédit massif qui fragilise considérablement la démocratie et les qualités de la représentation nationale : on se retrouve avec le FN et les partis conservateurs en tête, non pas forcément parce que la majorité de la population se reconnaît dans ces options, mais parce que ce sont ces partis qui parviennent encore à mobiliser des électeurs. D’innombrables citoyens ont déserté les urnes, par exaspération devant la capture du pouvoir et la trahison des mandats observée depuis des décennies ; ces abstentionnistes ne sont pas des individualistes forcenés, ni des paresseux, ni des idiots : ce sont souvent des démocrates désespérés par la marche de nos institutions politiques. Ce sont souvent des gens « de gauche » – sensible à la cause des dominés, désespérés de la voir si mal défendue par les partis. Nous ne les ramènerions pas aux urnes avec la promesse d’une constituante élue. Nous nous retrouverions avec une Constituante où domineraient les élus FN, UMP, PS… Cette Constitution-là ne me paraît pas prometteuse d’institutions vertueuse pour la démocratie.

      4. J’entends bien ces objections, et je pense que, effectivement, c’est un risque à prendre. C’est aussi le risque de se planter, mais après tout, que veut-on ? la démocratie ou pas ? que l’ensemble des citoyens s’empare de la chose publique ou pas ? Il se pourrait que la constituante élue ou tirée au sort que nous voulons ait pour résultat une constitution archi-présidentielle, aux pouvoirs centralisés, ou alors une constitution complètement parlementaire, ou très peu d’institutions centrales et une grande décentralisation, ou encore, ou encore, etc. Le contenu politique réel de la future constitution, on ne peut le savoir par avance si on se prête sérieusement au jeu de la Constituante : on verra bien ce qu’elle décidera, puisqu’elle est absolument souveraine (ce, qu’elle soit élue ou tirée au sort).
        Ce qui dommageable dans le cadre d’une constituante tirée au sort, me semble-t-il, c’est que sa désignation ne permet de préjuger aucunement, par définition, du contenu politique de la future Constitution. Or, la Constitution est la décision la plus politique qui soit ! Certes, si on élit des gens, on risque de se retrouver avec les seconds couteaux des partis, qui risquent de ne pas être plus malins que les premiers… ou pas. On n’en sait rien, et rien ne dit – ou plus exactement, tout porte à croire le contraire – que les partis dominants actuels auraient quelque chose d’intéressant à dire sur une nouvelle constitution.
        Il me semble, corrige-moi si je me trompe, que ton raisonnement se fait dans l’absolu, ou plus précisément, si la constituante était décidée demain, ou n’importe quand dans le contexte actuel. Or, nous en sommes tous conscients, cela n’a aucune chance d’arriver, à moins que le président actuel ne tombe brutalement sur la tête ce qui lui mettrait les yeux en face des trous et ferait entrer certaines idées dans son crâne, comme le fait qu’il est supposé être de gauche par exemple…
        Si constituante il y a un jour, c’est seulement si nous parvenons à élire l’un des nôtres, dans le cadre de la constitution actuelle, à la présidence de la République, et que cette personne convoque immédiatement une assemblée constituante. Dans ce cadre là, ce ne serait donc certainement pas le PS, l’UMP ou le FN qui seraient majoritaires, puisque ce ne seraient pas eux qui viendraient de remporter l’élection, mais nous ! Et il n’y a aucune chance pour que l’un de ces partis réclame une constituante ou la mette en place, vu les avantages que présente à leurs yeux la 5ème. Donc, s’il y a Constituante, c’est parce que nous sommes majoritaires, et que les partis actuellement dominants se sont cassés la figure. Ce qui laisse augurer un immense souffle démocratique, et, je l’espère, républicain, socialiste, écologique, laïc, etc. Seraient donc élus (dans mon hypothèse) des gens qui défendraient des idées sur la constitution, et selon toute logique les nôtres, ou des idées proche, ou bien différentes ce qui permettrait se se décider ; ce qui permet au peuple dans son ensemble, et non au 1% tiré au sort, de choisir librement ses institutions, en toute connaissance de cause, en faisant des choix politiques majeurs et décisifs. Quant au zigotos du système actuel, ils pourraient se pointer, effectivement. Ils pourraient bricoler sur un coin de table un projet de constitution et des idées. On peut espérer que les gens soient suffisamment intelligents pour les éviter, vu qu’ils viennent de réclamer par leur vote l’élection d’une Constituante, et que ceux là mêmes disaient tout le contraire juste avant. On peut se dire que les gens sont bêtes et qu’ils voteront quand même pour les anciens partis, mais si on se dit cela, à quoi bon être démocrate ? Si on parie sur le fait que les gens, n’importe qui, quelque soit son métier et son niveau d’étude, est capable de prendre des décisions politiques sérieuses et réfléchies, alors il me semble primordial que l’ensemble de gens se saisisse de l’affaire principale de la démocratie, la Constitution.
        Si les gens ne votent plus beaucoup aux élections, et l’abstention est si élevée, c’est, je pense, qu’ils ont l’impression que leur voix ne sert à rien (en tout cas c’est ce qu’ils disent fréquemment), et cette impression n’est pas injustifiée. Si on tire les gens au sort, peut-être a-t-on une chance soi-même d’être élu, mais si infime ! Et pour tous les autres, ils auront l’impression définitive, et justifiée, que leur voix n’est pas prise en compte puisqu’elle n’est même pas sollicitée. Alors que si on se dit que chacun va participer, avec sa voix, à la Constitution, alors on pourra se dire qu’on reprend vraiment notre destin en main, et que sa voix sert à quelque chose.

        Il y a une autre hypothèse, plus pessimiste, peut-être plus probable, que je ne veux pas écarter. Que le système actuel se casse la figure tout seul, et que la 5ème s’effondre dans une insurrection spontanée, déclenchée par un événement fortuit. Là, probablement, malheur à nous. A nous tous, car qui peut dire que nous serons assez nombreux et assez organisés pour imposer un règlement démocratique (et constitutionnel) du problème, plutôt qu’un règlement sous forme guerre civile ? Reste à espérer que nous serons alors capables de mobiliser. Ou plutôt que d’espérer, préparons dès à présent cette possibilité, en mobilisant, et en continuant à mobiliser, politiquement, donc sur des contenus (ce qui sera toujours utile, quoi qu’il arrive). Or le tirage au sort n’a aucun contenu politique, si ce n’est celui de la démocratie, seulement une forme. Certes, c’est beaucoup. Mais ce n’est à mes yeux pas suffisant, car il y a plus que des problèmes de forme à régler, de toute façon, c’est pour cela que je soutiens que l’hypothèse la plus politique et la plus démocratique, qui a le plus de chances de mobiliser et d’emporter la conviction, c’est le choix libre et éclairé, par l’ensemble du peuple, de sa Constitution.

  17. .Merci jeanne Seguin pour tes objections. Le tirage au sort à lui seul ne suffit effectivement pas. Son choix doit être pris au sérieux. Il faut bien évidemment l’accompagner de mécanismes supplémentaires comme par exemple les procédures de contrôle. Tout d’abord, sache que je parle ici uniquement de la procédure de sélection de l’assemblée constituante ou des assemblées constituantes (répond à ton objection 2).

    Il y a plusieurs atouts au TAS:
    — En garantissant l’amateurisme politique, il empêche le conflit d’intérêt évoqué par Judith spécifique à l’écriture de la constitution (ceci n’est pas un détail!!),
    — Il désynchronise le pouvoir politique du pouvoir économique (médias – capital) puisqu’il n’y a pas de campagne électorale,
    — Il empêche la corruption liée à la procédure de sélection (les tirés au sort ne se sentent pas investis d’un pouvoir mais d’un devoir – selon la belle formule de Jean-Paul Jouary), Le tirage au sort est un arbitre impartial et incorruptible,
    — Il ne confit pas le pouvoir à un seul homme mais à une assemblée qui nous ressemble et qui ne lèse personne,

    Quelques mécanismes complémentaires pour te rassurer au cas où l’on tire au sort des affreux jojos ou des abrutis 😉
    — Les tirés au sort n’ont pas le dernier mot, On ne tire pas au sort des maîtres! La constitution doit passer l’épreuve du référendum,
    — Examen d’aptitude (exemple: savoir lire et écrire un minimum le Français)
    — Procédure de contrôle en cours et en fin de mandat (contrôle des groupes d’influence – répond à ton objection 1)
    — Procédure de révocabilité
    — Un tirée au sort peu accepter ou refuser sa charge ( principe du volontariat – répond à ton objection 1)

    Ensuite, je suis désolé de cette banalité, mais l’élection consiste à désigner les meilleurs. Cette procédure est par nature aristocratique (chacun est libre de préférer l’aristocratie 😉 ).
    Concernant les « quidam », à mon avis cette crainte pouvait être légitime en 1789. Mais nous (le peuple) n’avons jamais été aussi instruits qu’aujourd’hui, tout le monde va à l’école, il n’y a quasi plus d’analphabétisme, nous avons l’outil d’internet… Le temps est venu, je crois, de faire accéder le peuple à la majorité politique!

    En 2011, les tunisiens ont chassés un tyran, il ont élu leur assemblée constituante parmi les professionnels de la politique, puis il sont rentré chez eux. Quelles sont les premières choses qu’ont fait les élus? Il se sont mis à huis-clos (se considérant certainement être l’incarnation de la volonté générale), il se sont voté l’immunité juridique (considérant peut-être qu’ils n’avaient de compte à rendre à personne), Ils se sont augmenté leur salaire, et ont commencé à recevoir les banquiers en secret… Je te conseille de lire la nouvelle constitution Tunisienne, le peuple est totalement impuissant. C’est la négation de la démocratie. Comme d’habitude…

    1. Bonjour,
      Je n’ai toujours pas compris le pluriel à assemblées, pourquoi en faudrait-il plusieurs ? Pour moi, la République est une et indivisible, donc une fois qu’on a décidé de la règle du jeu valable pour tous, le travail constituant est terminé. Il ne peut pas y avoir plusieurs règles du jeu concurrentes, sinon notre processus n’instaurera que de la pagaille.

      C’est une idée intéressante de désynchroniser le temps électoral du temps médiatique type info-en-continu-remplissage-car-on-ne-sait-plus-quoi-dire-à-force, qui hystérise le débat plus qu’il ne l’organise. Mais il me semble que le problème est lié plus aux médias eux-mêmes, qu’à l’élection. En soi, je pense que la confrontation politique organisée n’est pas une mauvaise chose, cela permet d’éclaircir les positions en les confrontant, de les argumenter, donc de se faire une idée plus précise (ce que nous sommes en train de faire). Si on choisit le tirage au sort pour ces raisons, on contourne le problème, plus qu’on ne le résout : l’ensemble de la société, constituants compris, sera soumis aux injonctions médiatiques permanentes (à moins d’organiser un conclave ! 🙂 ). On traite le symptôme (l’hystérisation du débat politique, qui le dénature), plus que le problème (la fusion des médias avec le divertissement).

      Ce que tu dis sur le devoir de l’élu est vrai, mais je ne vois pas en quoi ça ne devrait pas s’appliquer aux personnes choisies par une élection ! pourquoi serait-ce le propre des tirés au sort ? c’est parce qu’une politique corrompue et corruptrice voulue par les institutions de la 5ème que l’élection a été dénaturée de son principe initial. Il me semble que ce qu’il faut faire, c’est rétablir les verrous qui ont été ôtés, en ajouter des nouveaux pour les problèmes qui sont apparus (comme le référendum révocatoire par exemple), pas supprimer l’ensemble du processus.
      De même, l’assemblée élue est censée nous représenter, certes ça ne marche pas très bien, particulièrement dans nos circonstances actuelles, c’est pour cela qu’il faut introduire des mécanismes de régulation, pour éviter l’accaparement du pouvoir par une oligarchie.

      Tu veux faire de l’étymologie, allons-y ! j’accepte ton sarcasme, mais il ne me semble pas trop justifié. Election, du latin eligere, 1. arracher en cueillant, 2. trier, choisir. Ça ne dit rien du mode d’élection (on peut cueillir des fruits au pif, mais je recommande plutôt de choisir ceux qui sont mûrs, c’est meilleur). Donc un tirage au sort, c’est une élection, sauf que le mode d’élection est aléatoire, plutôt que volontairement déterminé.

      Aristocratie, du grec aristos, le meilleur, et kratos, le pouvoir. Donc le gouvernement des meilleurs. Après le sens du mot s’est spécifié, comme en France sous l’ancien régime, pour désigner la noblesse héréditaire, et par extension les plus riches. Donc que l’élection constitue une aristocratie, c’est hautement contestable, surtout si l’aristocratie est censée être héréditaire. Ensuite, qu’on prenne la peine de choisir des personnes qui nous paraissent le mieux à même de rédiger une constitution démocratique, ça ne me paraît pas être si stupide que cela. Pourquoi la démocratie serait le gouvernement de tout le monde, sauf ceux qu’on estime être compétents (puisqu’aristocratiques) ? certainement pas, et le peuple en lui-même détient la compétence politique. Donc si on pousse le bouchon, on peut dire que la démocratie, c’est quand le peuple lui-même s’estime le meilleur, s’érige en aristocratie : c’est nous le mieux à même de décider pour nous. C’est aussi ce que tu dis avec le tirage au sort.

      Puis si on poursuit la logique du tirage au sort, tu dis avec raison que l’on s’en remet à un « arbitre impartial et incorruptible », certes, mais un arbitre qui n’en est pas un puisque par définition personne ne choisit, c’est le sort. Donc les tirés au sort seraient des élus du sort, de la fortune, et quelqu’un d’élu par le Fortune, c’est ce qu’on appelle communément des élus des dieux (qu’on croie ou non qu’il y ait un ou des dieux, là n’est pas la question, l’idée est simplement de dire qu’on s’en remet à quelque chose qui nous dépasse et qu’on ne maîtrise pas, le hasard, ce qu’on personnifie habituellement par une figure divine). Donc pour une république laïque, bof.

      Pourquoi ne pas faire confiance à l’intelligence collective ? le peuple serait à ce point stupide qu’il ne pourrait pas décider de ses propres affaires ? certes il peut y avoir des défaillances individuelles, mais qui sont compensées par l’intelligence du très grand nombre, et plus il y a de monde à décider, plus on est intelligents collectivement, à condition que les modalités soient bien définies. Regarde un site comme Wikipédia, on ne tire pas au pif les gens compétents, mais chacun apporte sa pierre, et l’ensemble est un immense collectif de savoirs humains et partagés.

      Je te trouve bien sévère sur la constitution tunisienne. D’abord la révolution n’est pas terminée, donc on serait bien malins d’en faire déjà le bilan. Ensuite que le gens soient rentrés chez eux, c’est faux, ça a failli très très mal tourner avec les assassinats politiques de deux figures du Front Populaire, et la constitution qui commençait à virer vers des trucs du genre la complémentarité de l’homme et de la femme (et non leur égalité). Le peuple est ressorti dans la rue pour refuser cette violence politique, défendre sa Révolution, et ne pas se faire déposséder de sa Constitution. Aujourd’hui des élections sont en cours, et la situation est bien meilleure. Certes tout n’est pas parfait, mais il serait, pour le coup, authentiquement aristocratique, de penser que tout se fait, tout de suite, de façon parfaite et immédiatement.

  18. .Voici une excellence conversation à trois, très riche en informations et arguments en faveur du tirage au sort :

    J’ai pas voté – Rencontre entre Etienne Chouard, Jacques Testart et Yves Sintomer sur la thématique du tirage au sort en politique.

    00:25 Le tirage au sort ça change quoi dans une démocratie?
    06:22 Le citoyen peut-il faire de la politique?
    09:05 Comment on tire au sort aujourd’hui?
    13:13 Qui tire au sort?
    17:49 Une révolution du peuple est-elle possible?
    21:08 Que pensez-vous du printemps arabe?
    26:24 En France sommes nous en démocratie?
    31:24 Qu’est ce qui bloque la modernisation de la politique?

    http://youtu.be/xiDpyNtasGQ

  19. .J’entends tes objections Jeanne Seguin, le tirage au sort a des défauts, mais aucun, à mon avis n’est indépassable si on l’utilise au bon endroit en l’encadrant correctement. Le point essentiel de son utilité dans le processus constituant c’est principalement d’empêcher le conflit d’intérêt qu’il permet de faire sauter… Un peuple, pour faire peuple, doit se constituer. J’entends vraiment toutes tes objections. Mais le conflit d’intérêt d’un élu en train d’écrire les règles du pouvoir est une conflit irréductible à mon avis (pas en général, mais au moment d’écrire la constitution, son intérêt est contraire à l’intérêt général). Franchement, nous n’avons pas besoin de candidats proposés par les partis politiques actuels pour écrire la constitution. Ce n’est pas si compliqué d’écrire une constitution. Il suffit de s’y mettre et de travailler, et nous en sommes parfaitement capables. Ce qu’on voit dans les ateliers constituants de citoyens lambdas, c’est que le niveau monte très vite, et les articles proposés sont épatants, tout y est : séparation des pouvoirs, contrôle des pouvoirs, référendums, limitation des mandats, prise en compte du pouvoir médiatique… On peut s’inspirer d’articles de constitutions déjà existantes puis les corriger, etc.

    Et je ne jette pas le suffrage universel aux orties pour ce qui est de la politique en général, je dis juste que le suffrage universel n’est pas un gage de démocratie. « Il ne suffit pas d’avoir le suffrage universel pour basculer dans la démocratie », c’est ce que me disait une constitutionnaliste récemment, qui a écrit une thèse: « la démocratisation du gouvernement représentatif en Belgique, une promesse non tenue ». Le suffrage universel doit être accompagné, aidé, complété, etc… Là dessus je suis tout à fait d’accord avec toi, l’élection peut tout à fait être améliorée et corrigée.

    Je pense qu’il faut aussi dédramatiser l’erreur. Nous ferons des erreurs. Comme si les élus n’en faisaient pas 😉

    1. .Je vois que nous sommes d’accord sur pas mal de choses, sauf le mode « d’élection » de la constituante. Je ne comprends toujours pas pourquoi il en faudrait plusieurs.

      Je ne comprends pas pourquoi il y aurait conflit d’intérêt avec l’élection des constituants à éligibilité restreinte (ne sont éligibles que ceux qui n’ont jamais été élus, ne seront plus éligibles aux nouvelles institutions ceux qui ont été constituants).

      Si on dit que l’élection crée de toute manière conflit d’intérêt, alors il ne faut élire personne, et on tire tout le temps au sort. Car s’il n’y a aucune délégation, cela veut dire que tout le monde participe tout le temps et rien qu’en France à 65 millions, ça va être coton. Il faut bien qu’il y ait des gens qui s’occupent du bien commun, pendant que d’autres font tourner l’économie, d’autres s’occupent des gens, etc. Si on vire toutes les élections, et qu’on tire au sort toutes les assemblées, on abandonne le principe de délibération politique (il y a de la délibération dans les assemblées, mais on ne sait pas qui vient, ce qu’il pense, ce qu’il représente – a priori personne sinon lui-même), et la politique devient un truc lointain, qui nous tombe dessus arbitrairement, qu’on pourrait refuser même. Je ne vois pas en quoi ça rapprocherait la politique du peuple. Surtout considérant notre nombre !

      Si on admet que le principe de l’élection est valable, pourquoi ne pas l’appliquer au processus fondamental et initial qui permet de décider de la règle du jeu ? Ne soyons pas élitistes, même pour des élus du sort, et permettons à chacun de participer avec sa modeste contribution ! Nous en sommes tous capables, nous sommes bien d’accord, alors pourquoi exclure l’ensemble du peuple excepté les heureux Elus ?

      1. .Si vous élisez les constituants , vous allez forcément voter parmi un pool de volontaires/désignés par des partis, ces « volontaires/désignés » qui pourront s’appuyer sur la force médiatique de leurs camps se feront élire sans trop de suspense par leurs partisans.
        Ceux ci seront en quelques sortent mandatés par leurs partis pour faire passer telles règles ou idées accommodantes aux yeux de leurs camarades qui sont aux manettes ou qui pensent y arriver dans peu de temps.
        De mon point de vue , le conflit d’intérêt vient de là. A mes yeux , il est primordiale de supprimer au maximum tous les éventuels liens entre les constituants et les politiciens.le TAS est un outil adapté à cette mission.

  20. .Bonjour Jeanne,
    Je m’adresse à vous en tant que citoyen lambda, n’ayant aucun mandat électif ( hormis être secretaire d’un club de sport). Nous parlons bien d’une assemblée constituante ? Pourquoi introduire le TAS à toutes les sauces dans votre commentaire. Nous voyons pour l’instant ou va nous conduire les prochaines élections directement dans les bras du FN ( qui va d’ailleurs pas tarder à changer de nom pour finir de séduire les derniers récalcitrants ) avec un taux d’abstention record. Bravo la démocratie !!!
    Votre mode électif est voué malgré votre bonne volonté évidente à l’échec. Pourquoi ? Parce que les gens n’en veulent plus moi le premier ! Le TAS est le seul moyen de pouvoir reconquérir les citoyens par un système innovant prenant en compte le désir de tous …
    De nous rassembler tous. Habitant dans le Vaucluse ou le FN est puissant et discutant avec des gens votant pour ce parti leurs idées ( sauf pour les extrémistes) rejoignent celle du FG : marre de la misère, de la non prise en compte de leurs vies, de nos vies …
    A l’heure actuelle les partis sont vécus comme des moyens nous divisant pour assourvir la puissance de nos maîtres élus.
    Les propositions de Gérard Blanchet me paraissent fort à propos en fixant un calendrier rationel s’appuyant sur des données historiques capable de mobiliser sans rejeter tous les moyens constituants y compris le TAS. Si nous nous y mettons tous ça ne parait pas impossible .
    Nous n’arriverons à rien si l’ ENSEMBLE de la population, de toutes les sensibilités, ne se sent pas prise en compte et le TAS je pense est un excellent moyen d’y parvenir même si il faut bien l’encadrer.
    Mon soucis pour l’heure est de pouvoir nous réunir, nous citoyens, déjà sur la nécessité d’une nouvelle constitution, c’est déjà un gros job et rien que ça c’est pas gagné dans une population hypnotisée !!! Parce que le Front de Gauche est loin de représenter, pour l’instant malheureusement, une force mobilisatrice conséquente.

  21. .Bonsoir

    Bon d’abord, je vais pas m’étaler sur l’article de Judith ni sur le travail qu’elle fait pour la démocratie, le temps et les compétences qu’elle y consacre… bref j’adhère…

    Je voulais revenir sur un détail (mais qui est important pour moi) le 6eme paragraphe dans le commentaire 18.1 sur la laîcité et le sort qui serait non laîque car il s’en remettrai à une intervention divine (si j’ai bien compris).

    Bon bah euh… moi j’voyais plutôt une volonté de représentativité tu vois mais une vrai, comme on fait en science social avec les échantillons représentatifs de la population (euh… je parle pas de sondage hein mais de sociologie).
    Non parce que j’veux pas faire chier mais pour moi c’est important la laïcité… mais euh… surtout pour nous protéger des institutions religieuse pas tellement des interventions divines… parce que j’crois pas que « la puissance supérieur » ai besoin du tirage au sort pour intervenir sur nos vies…
    🙂

    Par ailleurs je suis tout à fait d’accord avec les arguments qu’exposent Mathieu (20) et Steeve (20.1.1). J’ai juste envie d’appuyer sur un truc avec mes petits mots simples et pleins de fautes d’ortographes:

    Il est important de redonner confiance au peuple qui actuellement ne veut plus exprimer sa citoyenneté dans les urnes.
    Je ne crois qu’il n’ y aura pas d’avantage d’electeurs pour une assemblée constituante de la 6eme république qu’il n’y en a eu pour les européennes. On reste dans le même mécanisme même si comme dis dans le commentaire 8.1 « On peut par exemple décider que ne pourront être élues dans la constituante que les personnes qui n’ont jamais été élues auparavant, et qui ne pourront pas être élues par la suite dans les institutions qu’ils auront décidées. »

    Je crois que s’ils viennent à se présenter ils auront besoin d’être connu et comment faire pour se démarquer des autres pour être élu ? bah je crois que le soutient financier ça marche bien… donc je crois qu’il seront soutenu financièrement dans une campagne éléctorale et là bah… qu’ils soient de parti politique où non…. ils auront des « compte à rendre » à ceux qui ont mis les sous pour qu’ils se fassent connaître non ?

    Donc bon je pense qu’il faut sortir du système des éléctions par les urnes…
    Et là le Tirage Au Sort propose une alternative qui peut remobiliser des citoyens redonner du sens à la politique.

  22. .Bonjour

    Pourquoi je suis (presque malgré moi, le mec de gauche) pour une assemblée constituante Tiré Au Sort ?

    Je suis heureux de ce débat, content de voir des citoyens au travail, j’aimerais partager mon regard sur les mots qu’on utilise, je vais surement dire des conneries hein mais bon j’y vais… On parle de démocratie ou de république ? Vous êtes D’abord démocrate ou d’abord républicain ?

    Bon en ce moment on a une élite qui décide des trucs avec lesquels on est pas d’accord mais à choisir:
    Vaut mieux que le peuple décide des trucs avec lequels vous êtes pas d’accord ou vaut mieux une « élite » qui décide des trucs avec lesquels vous êtes d’accord…?

    Je crois lire entre les lignes des objections au tirage au sort une volonté de voter pour des constituants dont on sait qu’ils vont influencer le « texte » de la constitution dans le sens de nos valeurs… C’est peut être pour ça d’ailleurs que Jean Luc Melenchon (ce grand républicain) parle de 6eme république et pas de 1ere Démocratie, je m’explique:

    Moi perso (le mec de gauche), j’aurais tendance à vouloir une 6éme république écrite par une assemblée constitué de citoyens élu pour leurs valeurs en esperant que ce soit les miennes de valeurs… J’espererais donc pouvoir voter pour des républicains qui mettraient l’accent dans la constitution sur le bien commun, la chose public, le vivre ensemble…

    Mais… finalement, ce n’est pas ça la démocratie, la démocratie c’est le peuple, c’est nous tous, y compris les gens avec lesquels je suis pas d’accord.
    Si on veut vivre en démocratie, il faut une constitution qui le permette, mais qui ne permette que ça: le pouvoir au peuple

    Elle ne dois à mon sens pas contenir d’autres valeurs dominantes, rien d’autre qu’un texte qui donne le pouvoir au peuple, qui le protège des abus de pouvoir de ses représentant… sans aucune autre idéologie politique.
    Mais j’ai peur oui, peur que ce texte laisse la place à toutes les sensibilités politiques et ne me protège pas des valeurs avec lesquels je ne suis pas d’accord. Son seul objectif étant de donner le pouvoir au peuple.

    Et oui la démocratie fait peur et c’est justement cette peur que je retrouve dans les objections au tirage au sort. Oui vouloir la démocratie, le pouvoir au peuple, c’est prendre des risques oui, on ne sait pas ce que le peuple une fois au pouvoir pourrait décider: ça veut dire qu’une fois la démocratie en place, on pourrait voir ressortir des valeurs nationalistes, pire peut être que la peine de mort reviendrait et même que l’homophobie gagnerai la majorité de la population et que notre démocratie ( le peuple une fois au pouvoir) voudra l’emprisonnement des homosexuels, la fermeture des frontières et la réhabilitation de la peine de mort oui peut être… peut être que cette population au pouvoir ne votera pas les lois permettant une protection de notre planète et de notre environnement

    Et bien si nous en sommes là en 2014, à force d’avoir été éduqué par la compétition, dans un monde où on ne nous laisse pas le temps de réfléchir à ce qui est juste à ce qui est bon pour nous et pour les autre, si les valeurs individualistes, conservatrices, sécuritaire sont omniprésente dans notre population, si nous le peuple n’avons pas réussi dans l’histoire de la France à transmettre des valeurs d’égalité de justice sociale, de respect de la planère, si l’éducation populaire a perdu la bataille face au média et à l’éducation élitiste, si notre population est composée en partie d’homophobe, de xénophobe et j’en passe, il faudra l’assumer et venir débattre, tenter de convaincre, de transmettre les valeurs du vivre ensemble…

    Oui je crois que la démocratie est une étape obligatoire à une vrai république, je crois que la république ne peut exister que si elle est voulu par le peuple que s’il en est le garant et je crois que la constitution doit servir à cette démocratie avant de servir à la république.

    Je crois que c’est une fois que nous serons en démocratie, que nous seront « à armes égales » face aux oligarches qui manipulent le peuple grace à leurs abuts de pouvoir. Une fois en démocratie le combat pour la république pourra commencer, parce qu’en 1789 il n’a pas été gagné ce combat: la chose publique, le bien commun, passent encore et toujours après l’intérêt des puissants…

    Alors voilà, oui je signe pour la 6eme république et j’aimerais que le tirage au sort nous permette une vrai démocratie et oui je fais confiance au peuple et à l’éducation populaire pour dans sa lancée, faire de cette démocratie une belle république écologique.

    Djo

  23. .Encore une autre idée : au lieu de convoquer une seule Assemblée Constituante, convoquons-en six. Toutes par tirage au sort. Chacune rédige sa constitution. Et ensuite, c’est au suffrage universel que le peuple élit directement sa constitution parmi les six proposées.

    Chacun pourrait voter pour autant de textes qu’il veut. Si aucun texte n’obtient la majorité absolue, on recommence tout. Si plusieurs l’obtiennent, celui a recueilli le plus de voix est adopté.

    Pourquoi six textes ? S’il n’y en a pas assez, le risque est grand qu’aucun n’obtienne la majorité absolue. Et s’il y en a trop, les électeurs ne pourront pas les lire attentivement avant de voter car ça fera trop long (souvenez-vous du pavé qu’on a dû se taper en 2005).

    Comme ça, pas de conflit d’intérêt, pas de compte à rendre aux riches finançant les campagnes, mais c’est quand même le peuple qui vote pour choisir sa constitution.

    Et une fois la Constitution adoptée, on peut imaginer un système de référendum d’initiative populaire pour peaufiner, ça et là, quelques articles.

  24. .Bonjour à tous,

    Permettez-moi d’écrire ici la vision du mouvement de la VIème République que j’aimerais voir se concrétiser et auquel cas si certains estiment que cette vision n’est pas la leur alors naturellement nous confronterons nos argumentations respectives.

    La question première qu’il nous faut nous poser est de savoir à quel problème tentons-nous de répondre ? Est-ce une histoire de pouvoir d’achat ? De retraite ? D’écologie ? Eh bien, si nous partons du constat que la diminution drastique des votants entre le référendum de 2005 et les Européennes de 2009 tire son origine de la déception du peuple face à son manque de souveraineté (cf : le traité de Lisbonne) alors c’est à cela que nous tenterons de répondre et uniquement à cela. Pourquoi ? Parce que je pense que pour la réussite de ce mouvement, il nous faut tendre vers le consensus le plus haut possible. Il doit se former autour d’une idée qui rassemble tout le peuple et ainsi permettre deux choses, d’abord transpercer le pouvoir médiatique des manipulations en tous genres et, également, il se doit de garantir au peuple sa bonne résolution.

    Pourquoi, actuellement, je pense que ce mouvement ne répond pas à ces deux exigences ? Simplement parce que la constituante délègue déjà le pouvoir du peuple à un petit nombre, qu’importe s’il y a tirage au sort ou non. Comment s’assurer que tout le peuple se reconnaît et accepte les décisions de cette constituante ? Les points de vue divergent et donc les médias pourront facilement choisir de ne retranscrire que les problèmes que cela pose pour tenter de freiner notre mouvement.

    Donc nous devons être capable de garantir le pouvoir au peuple mais également de garantir que cela se fera. C’est pourquoi ce que nous proposerons aux 2017, puisqu’il n’y a pas d’autres alternatives que les présidentielles pour prendre le pouvoir, notre candidat devra s’engager uniquement pour une période très courte avec un programme très concis. Ainsi le peuple pourra immédiatement voir si les promesses ont été tenues ou si nous sommes dans une dictature et si une révolution est nécessaire ou non.

    Concernant le contenu, s’il y a bien une idée qui rassemble tout le peuple quel que soit son parti c’est bien celle qui lui donne le pouvoir de parler et de prendre des décisions. La démocratie est un concept extraordinaire car quand bien même chaque individu aurait sa propre idée des choix politiques, ils sont tous d’accord pour affirmer qu’aucune politique ne justifie la destruction de la démocratie. Que nous soyons de gauche, de droite, centristes, votants blanc ou abstentionnistes nous ne pouvons que défendre notre capacité à le dire. Et quelle meilleure idée que celle du referendum pour rallier tout le peuple ?

    Le référendum révocatoire, qui permet de retirer un représentant malhonnête du pouvoir à n’importe quel moment de son mandat, est une bonne idée mais insuffisante. Pourquoi ? Simplement parce que les dégâts ne seraient pas réversibles. Donc il doit être couplé à l’idée du référendum abrogatif qui, quant à lui, permettra d’abroger n’importe quelle loi mise en place. Enfin, il nous faudrait également un peuple dynamique qui ne ferait pas qu’attendre que les bonnes propositions soient réalisées. Le référendum d’initiative répond à cette question et doit permettre au peuple de proposer ce qu’il souhaite en referendum.

    Donc le représentant en 2017 du m6r devra solennellement s’engager pour :

    – une période limitée et beaucoup plus courte que ce que son mandat lui permet. Elle doit même être la plus courte possible (3 à 6 mois max ?).
    – Pendant ce laps de temps, il devra mettre en place les trois referendums cités plus haut, que sont les référendums révocatoire, abrogatif et d’initiative populaire.
    -Après cela, il renoncera au pouvoir, j’ignore si cela est possible, ou du moins mettra en place immédiatement un referendum révocatoire.

    Par la suite le peuple décidera de lui-même si une constituante doit être mise en place, si le tirage au sort doit être un élément central de notre démocratie, etc…

    Enfin, concernant notre représentant. Je pense que M. Mélenchon a vu son image beaucoup trop diabolisée pour espérer convaincre le peuple de sa bonne foi. La question n’est pas de savoir si c’est justifié, l’important est de couper avec les politiciens professionnels qui nous ont menti. Dès lors il nous faut une personne en dehors de ce système. Mais surtout, un point très important, il nous faut une personne qui ne souhaite pas débattre avec les autres politiciens. D’abord pour éviter que les médias tournent en ridicule un simple bafouillage ou qu’importe, l’important c’est d’être intouchable. Et également qu’il n’y a rien à discuter puisque notre programme va au consensus le plus grand et que si le peuple pense que nous avons raison, il en débattra lui-même avec lui-même. Nous n’avons pas besoin de ces politiciens pour savoir quoi penser.

    Voilà, je crois avoir tout dit. S’il y a des points qui ne sont pas très clairs, merci de me le faire remarquer.

    1. .Bjr Ilaraison,
      Vos propositions sont bonnes mais je pense qu’il est impossible qu’un tel président dans les circonstances actuelles soit éligible. Les forces du grand capital ne laisseront pas de portes ouvertes.
      Quoique !!!

    2. .Il faudrait dès lors un homme « providentiel » genre Stephane Hessel ne se réclamant d’aucun parti et n’ayant eu aucun mandat électif . Qui puisse rassembler très largement, je vois bien une femme telle que Judith Bernard par exemple … en plus ça aurait l’avantage de faire disparaitre prématurément EZ ;-))

      1. .Pour vous répondre Berchouet, je n’ai pas encore tranché cette question. Qu’en pensez-vous Judith ? Cela serait un beau symbole que la première femme au pouvoir en France garantisse réellement le pouvoir au peuple, non ?

      2. .Le but du M6R est d’obtenir que soit mise en place une Assemblée Constituante élue par le vote ou tirée au sort (les avis divergent).
        Son but n’est pas de faire élire un maître pour 5 ans sous le régime de notre anti constitution !
        Je ne suis candidat à rien non plus.

    3. . »Par la suite le peuple décidera de lui-même si une constituante doit être mise en place, si le tirage au sort doit être un élément central de notre démocratie, etc… »

      SI une constituante doit être mise en place ?
      Mais fichtre comment espérez-vous redonner le pouvoir au peuple sans modification de la constitution ?!? C’est certes une liberté mais il faut que ce soit absolument le peuple qui en décide et rien ne laisse le supposer (c’est un point d’amélioration du coup).

      Et si la personne au pouvoir renonce au pouvoir, qui va appliquer les référendums que vous proposez ? Dans votre idée de période de transition (répondant à : comment faire autrement qu’une élection d’une personne engendrant la création d’une constituante dans le contexte actuel ?) vous choisissez des outils démocratiques à imposer au système en place avant de relâcher le pouvoir et d’observer ce que le peuple va décider. Ok mais comment savoir si ces outils suffiront et pourquoi ne pas en imposer d’autres (et jusqu’où aller et qui choisit ?)? Qui va former le peuple à s’en servir ? Comment être certain que la personne élue qui va prendre la suite ne va pas tout simplement les abroger une fois au pouvoir ?

      C’est la première question (thématique) qui est la plus importante pour moi et qui fait remarquer un paradoxe : l’imposition d’une démocratie par le haut (1 élection engendre une constituante) semble très délicate et complexe à mettre en œuvre dans le contexte actuel et au niveau de la transition en particulier alors que cela semble le seul moyen pour y parvenir. Mais je crois que vous n’avez pas envisagé le chemin inverse : c’est du peuple que doit venir la (volonté de) constituante et non du gouvernement/représentants politiques.
      L’idée peut sembler encore plus complexe et difficile et pourtant… Ecoutez Jean-Paul Jouary (Youtube « QUELLE TRANSITION POUR UNE VRAIE DÉMOCRATIE ? « ) et bien d’autres qui parlent de la transition vers la démocratie. C’est ce que pense le peuple à un moment donné qui fait les règles de demain : c’est donc plus par l’information du peuple à la base que viendra une vraie démocratie globale (ou du moins la forme de gouvernance que le peuple aura choisit, et si ce n’est pas la démocratie ce sera le peuple qui l’aura décidé !). Bien malin qui saura prédire le résultat d’une telle transition lorsqu’elle est imposée par le haut.

      Conclusion : il faut donner les moyens au peuple. Cela veut dire : information, formation gratuite et accessible à tous (pas sur les scandales du gouvernement actuel mais sur la VRAIE politique). Cela implique : du temps et de l’argent, de l’investissement très souvent non rémunéré par les personnes qui sont au fait de cela.

      Le m6r a l’énorme intérêt et c’est une occasion unique (jusqu’à présent) de poser ces questions ouvertement (enfin à ceux qui veulent bien venir lire les articles et commentaires sur le site… ) à un grand nombre et donc de pousser à la réflexion, mais je doute très fortement des quelconques conséquences directes de ce mouvement sur la vie quotidienne des français en 2020.
      Par contre : profitons en pour en parler autour de nous comme nous le faisons ici ! La démocratie c’est quoi ? Quelle transition ? Comment y arriver ? Comment en savoir plus ? Comment transmettre ce que j’ai appris ? etc…

      1. .Ha ! J’étais en train de vous écrire une réponse quand je me suis rendu compte que je considérais notre mouvement, peut-être inconsciemment, que comme un parti et non un mouvement. C’est pourquoi on peut dire que mon intervention répond davantage à une question du genre « comment se démarquer des autres candidats et partis ». Mais lorsqu’on le considère comme mouvement alors l’idée d’une démocratie se constituant par le bas est plus logique. Du coup je me demandais si on ne pouvait pas nous battre sur les deux fronts et qu’il nous faudrait justement un parti pour 2017, mais peut-être serait-ce une erreur car le mouvement serait confondu avec ce parti hypothétique et perdrait, en cas d’échec aux urnes, le mouvement qui le caractérise et le nourrit précisément, non ? Le peuple perdrait alors ce côté où il s’approprie un mouvement. Cependant, une question me taraude, par quel moyen cette constituante peut réellement prendre le pouvoir si ce n’est par l’élection présidentielle ?

        Sachez en tout cas que vos propos et votre vidéo ont été fort intéressants pour moi et qu’ils m’ont fait réfléchir. Par conséquent les idées des référendums que j’énonce seraient plutôt des sujets fondamentaux pour cette constituante plutôt qu’un remplacement mais il n’empêche pas de se demander comment s’assurer que ces idées soient traitées par elle ? Ni même de savoir ce qu’elle va traiter, si cela va convenir au peuple ni si ce dernier aura la possibilité de revenir sur les décisions prises. Peut-être devrions nous plancher sur l’idée d’une page sur ce site exclusivement dédié au référencement d’idées construites et répondant à certaines normes, pour lesquelles chaque signataire pourrait voter s’il est d’accord ou non. Nous devrions sans doute construire notre mouvement en le nourrissant par les vertus de ce qu’est le référendum. Ainsi, au lieu de tenter de rassembler autour d’une idée, nous tenterons de rassembler autour d’une place et cela ne sera sans doute pas suffisant puisque tout le monde n’a pas internet, c’est pourquoi il faudrait imaginer également d’autres moyens mais, je pense que cela pourrait en partie garantir que les sujets réels des Français soient traités.

        En tout cas j’ai hâte de voir ce qui va se passer aux 100 000 signatures, peut-être que M. Mélenchon et les autres ont déjà planché sur la question ?

Les commentaires sont fermés.